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Sexothérapie et vaginisme : comment ça marche, quels résultats ?

Vaginisme

Sexothérapie et vaginisme : comment ça marche, quels résultats ?

Par Ambre Luczynski, sexothérapeute· 8 min de lecture
Femme apaisée évoquant son parcours de sexothérapie pour le vaginisme

Si la pénétration vous est impossible ou très douloureuse, sachez que vous n’êtes pas seule, et que vous n’y êtes pour rien. Le vaginisme touche de nombreuses femmes, à tout âge, et ce n’est ni un caprice ni un blocage que l’on pourrait “se forcer” à dépasser.

Vous vous demandez peut-être si la sexothérapie peut réellement vous aider, combien de temps cela prend, et ce qui se passe concrètement en séance. Dans cet article, je vous explique pourquoi le vaginisme se traite très bien en accompagnement, en quoi consiste le travail du sexothérapeute, à quoi ressemble le protocole, sa durée, et ce que vivent les femmes que j’accompagne.

Pourquoi le vaginisme est avant tout un réflexe à apaiser

Le vaginisme se définit comme une contraction involontaire et réflexe des muscles autour de l’entrée du vagin (notamment le muscle releveur de l’anus), qui rend la pénétration difficile, douloureuse, voire impossible. Le point essentiel à comprendre : cette contraction n’est pas volontaire. Votre corps se protège, même quand votre tête, elle, désire l’intimité.

On distingue le vaginisme primaire (présent dès les premières tentatives de pénétration) du vaginisme secondaire (apparu après une période sans difficulté, souvent à la suite d’un accouchement, d’une infection, d’une intervention ou d’un événement marquant). Dans les deux cas, le mécanisme est le même : une anticipation de la douleur déclenche une tension musculaire, qui provoque elle-même de l’inconfort, ce qui renforce l’appréhension. Un véritable cercle.

Le vaginisme est généralement multifactoriel. Plusieurs éléments peuvent y contribuer :

  • une peur de la douleur ou de l’inconnu autour de la première fois ;
  • une éducation où la sexualité a été associée à la honte, au danger ou à l’interdit ;
  • des messages négatifs sur le corps ou la nudité ;
  • une expérience passée douloureuse, intrusive ou traumatique ;
  • une anxiété de performance ou une forte pression à “y arriver”.

Avant tout accompagnement, il est important d’écarter une cause organique (infection, mycose, sécheresse, endométriose, dyspareunie d’origine physique). C’est pourquoi je travaille toujours en complémentarité avec votre médecin, votre gynécologue ou votre sage-femme.

À retenir : le vaginisme n’est pas “dans la tête” au sens péjoratif. C’est un réflexe de protection bien réel que l’on peut désapprendre, progressivement et en douceur.

Le rôle du sexothérapeute : sortir du cercle de l’appréhension

Mon rôle n’est jamais de vous “réparer” ni de vous pousser. Il est de créer un espace sécurisant où l’on comprend ensemble ce qui se joue, et où votre corps peut réapprendre, à son rythme, que la pénétration n’est pas une menace.

Concrètement, l’accompagnement vise à dénouer trois dimensions étroitement liées : les pensées (les peurs, les croyances, l’anticipation de la douleur), les émotions (l’anxiété, la honte, parfois la culpabilité) et les sensations corporelles (la tension, le réflexe de fermeture). En agissant sur ces trois plans à la fois, on désamorce le cercle.

Et si la pénétration cessait enfin d’être une source d’angoisse ?

On peut en parler ensemble, en toute confidentialité, à votre rythme.

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Le protocole thérapeutique, étape par étape

La sexothérapie du vaginisme s’appuie largement sur les thérapies cognitivo-comportementales (TCC), dont l’efficacité est documentée pour ce type de difficulté. Le travail est progressif et adapté à chaque femme. Voici les grandes étapes que je propose en accompagnement individuel.

1. Comprendre et déculpabiliser

Nous prenons le temps de poser ce qu’est le vaginisme, de retracer votre histoire et d’identifier les facteurs en jeu. Cette phase de psychoéducation est déjà thérapeutique : comprendre le mécanisme réduit l’angoisse et lève souvent une bonne part de la culpabilité.

2. Apprivoiser le corps et les sensations

Des exercices de respiration, de relaxation et de prise de conscience corporelle aident à relâcher la tension musculaire et à se réapproprier une zone parfois “mise de côté”. L’objectif est de retrouver une relation apaisée à son corps, sans aucune pression de résultat.

3. La désensibilisation progressive

C’est le cœur du protocole. Par étapes graduées et entièrement maîtrisées par vous, on réhabitue le corps à un contact puis à une pénétration, souvent à l’aide de dilatateurs de tailles progressives ou de vos propres doigts. Chaque étape n’est franchie que lorsque vous vous sentez prête. Rien n’est jamais imposé.

4. Travailler les pensées et l’anxiété

En parallèle, nous identifions et assouplissons les pensées anxiogènes (“je vais avoir mal”, “je ne suis pas normale”) pour les remplacer par des repères plus justes et plus rassurants. C’est là toute la logique des TCC.

À retenir : vous gardez la main à chaque étape. La progression suit votre rythme, jamais l’inverse.

Combien de temps cela prend-il ?

C’est la question que l’on me pose le plus souvent, et la réponse honnête est : cela dépend. Chaque parcours est singulier. Cela dit, le vaginisme fait partie des difficultés sexuelles qui répondent particulièrement bien à un accompagnement ciblé.

Beaucoup de femmes constatent des avancées concrètes en quelques mois, parfois en une dizaine à une quinzaine de séances, lorsque le vaginisme est isolé et sans traumatisme important sous-jacent. Lorsqu’il existe une histoire plus complexe (vécu traumatique, anxiété généralisée), le travail peut demander davantage de temps, mais reste tout à fait possible. La régularité et la bienveillance envers soi comptent souvent plus que la vitesse.

Ce que vivent les femmes que j’accompagne

Sans dévoiler aucune histoire personnelle, je peux vous dire ce qui revient le plus souvent dans les retours que je reçois. Beaucoup arrivent épuisées par des années de silence, persuadées d’être “anormales” ou seules au monde. La première étape qui les soulage, c’est presque toujours de mettre des mots et de comprendre.

Voici ce que les femmes expriment fréquemment au fil de l’accompagnement :

  • un soulagement immense de ne plus se sentir jugée ni “cassée” ;
  • une relation à leur corps plus douce et plus confiante ;
  • une diminution nette de l’anxiété liée à l’intimité ;
  • pour celles qui le souhaitent, un projet de grossesse qui redevient envisageable ;
  • une intimité de couple retrouvée, au-delà de la seule pénétration.

L’objectif n’est pas seulement “réussir la pénétration”. C’est de retrouver une sexualité libre, choisie et sereine, qui vous corresponde.

Cet article a une visée informative et ne remplace pas une consultation. En cas de douleur, je vous encourage à consulter votre médecin, votre gynécologue ou votre sage-femme afin d’écarter une cause organique. Mon accompagnement s’inscrit toujours en collaboration avec le corps médical.

Questions fréquentes

La sexothérapie soigne-t-elle vraiment le vaginisme ?
Le vaginisme fait partie des difficultés sexuelles qui répondent très favorablement à un accompagnement, en particulier via les thérapies cognitivo-comportementales. Aucun thérapeute sérieux ne promet une guérison automatique, mais les avancées sont fréquentes et durables lorsque l’on respecte le rythme de chacune.
Est-ce que les séances impliquent un examen physique ?
Non. En tant que sexothérapeute, je ne pratique aucun examen ni geste médical. Mon travail est relationnel et passe par la parole, la psychoéducation et des exercices que vous réalisez chez vous, à votre rythme. L’examen relève de votre médecin ou de votre gynécologue.
Combien de séances faut-il prévoir ?
Cela varie selon chaque histoire. Pour un vaginisme isolé, beaucoup de femmes constatent des progrès en une dizaine à une quinzaine de séances. Lorsqu’il existe un vécu plus complexe, le parcours peut être un peu plus long, mais reste tout à fait accessible.
Peut-on suivre une sexothérapie pour le vaginisme en visio ?
Oui. L’accompagnement du vaginisme étant principalement basé sur la parole et des exercices à réaliser chez soi, il se prête très bien à la visio. Je reçois en cabinet à Carmaux et en ligne dans toute la France, en toute confidentialité.
Ambre Luczynski, sexothérapeute

Ambre Luczynski

Sexothérapeute · individuel & couple

J’accompagne les femmes confrontées au vaginisme avec douceur et sans jugement, en m’appuyant sur des approches éprouvées et toujours en lien avec le corps médical.

En savoir plus sur mon approche →

Et si vous commenciez à vous libérer du vaginisme ?

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