Pourquoi j’ai perdu l’envie d’avoir des rapports ?

Vous n’avez plus envie de faire l’amour, et cette absence d’élan vous inquiète, vous attriste, peut-être vous culpabilise. Sachez-le tout de suite : vous n’êtes pas seul·e, vous n’êtes pas « cassé·e », et il n’y a rien d’anormal à traverser cela.
La perte de désir sexuel est l’un des motifs de consultation les plus fréquents, et pourtant l’un des plus tus. Dans cet article, je vous propose de comprendre, sans jugement, les grandes causes possibles de cette baisse d’envie. Hormonales, psychologiques, relationnelles. Et surtout de voir ce qu’il est possible de faire pour, à votre rythme, renouer avec votre désir.
1. Vous n’êtes pas seul·e à vivre ça
Le désir n’est pas un robinet qui coule en permanence. Il fluctue au fil de la vie, des saisons, de la fatigue, des étapes du couple. Une période sans envie ne signifie pas que quelque chose est définitivement brisé en vous ou dans votre relation.
On parle de trouble du désir sexuel hypoactif (TDSH) lorsque l’absence ou la diminution d’envie s’installe dans la durée et génère une souffrance personnelle ou des tensions dans le couple. Ce critère de souffrance est important : si votre libido a baissé mais que cela ne vous pèse pas, il n’y a pas forcément de « problème » à résoudre. C’est avant tout votre ressenti qui compte.
Beaucoup de personnes traversent cela en silence, persuadées d’être les seules. Mettre des mots dessus est déjà un premier pas profondément libérateur.
2. Les causes hormonales et physiologiques
Le désir a une dimension biologique réelle. Avant de chercher du côté de la tête ou du couple, il est utile d’écarter ou d’identifier d’éventuelles causes physiques.
- Les variations hormonales : grossesse, post-partum, allaitement, périménopause et ménopause s’accompagnent de bouleversements hormonaux (œstrogènes, progestérone, testostérone) qui influencent directement l’envie.
- Le syndrome génito-urinaire de la ménopause (SGUM) : sécheresse et inconfort peuvent rendre les rapports moins agréables, et donc moins désirables.
- La prolactine et la thyroïde : un excès de prolactine ou un dérèglement thyroïdien peuvent freiner la libido.
- Certains médicaments : antidépresseurs, certaines pilules contraceptives, traitements hormonaux peuvent avoir un impact sur le désir.
- La fatigue chronique et les douleurs : un corps épuisé ou souffrant met logiquement le désir en veille.
C’est pourquoi un bilan auprès de votre médecin, gynécologue ou sage-femme est souvent une première étape précieuse : il permet d’écarter une cause organique et d’aborder la suite plus sereinement.
Vous reconnaissez-vous dans ces lignes ?
On peut en parler ensemble, en toute confidentialité, à votre rythme.
Prendre rendez-vous3. Les causes psychologiques
Le désir naît dans la tête autant que dans le corps. Quand l’esprit est encombré, l’envie a peu de place pour émerger.
Le stress et la charge mentale
Quand le système nerveux est en mode « survie » (travail, soucis, charge mentale du quotidien), il n’envoie aucun signal de disponibilité au plaisir. Le désir demande un sentiment de sécurité et de relâchement difficile à atteindre sous tension permanente.
L’anxiété, la dépression et l’estime de soi
Un état anxieux ou dépressif diminue très souvent la libido. De même, un rapport difficile à son corps, une mauvaise image de soi ou une faible estime personnelle peuvent éteindre l’envie. On ne désire pas facilement quand on ne se sent pas désirable à ses propres yeux.
Le poids du passé
Des expériences douloureuses, une éducation culpabilisante autour de la sexualité ou des traumatismes anciens peuvent, parfois longtemps après, se traduire par un retrait du désir. Un accompagnement en thérapie individuelle permet d’explorer ces racines en douceur, sans jamais forcer.
4. Les causes relationnelles
Au sein d’un couple, le désir est aussi le thermomètre de la relation. Quand l’envie s’éteint, elle raconte parfois quelque chose de la dynamique à deux.
- La routine et l’habitude : à force de tout prévoir, l’imprévu et la surprise, carburants du désir, disparaissent.
- Les conflits non résolus : rancœurs, reproches ou tensions accumulées créent une distance peu propice à l’intimité.
- Le manque de communication : ne plus parler de ses besoins, de ses envies ou de ses limites éloigne peu à peu les corps.
- La fusion excessive ou la perte d’altérité : désirer suppose un minimum de distance, d’espace, de mystère. Trop de proximité peut paradoxalement éteindre l’élan.
Quand la baisse d’envie devient un sujet de tension dans le couple, en parler à deux dans un cadre neutre aide énormément. Une thérapie de couple offre cet espace pour rouvrir le dialogue sans s’accuser mutuellement.
5. Ce qu’on peut faire pour retrouver le désir
La bonne nouvelle, c’est que le désir n’est pas figé. Il se cultive, se réveille, se réinvente. Voici quelques pistes concrètes.
- Lever la pression de la « performance » : cesser de s’obliger à avoir envie sur commande. Le désir aime la liberté, pas l’injonction.
- Réintroduire la tendresse non sexuelle : caresses, baisers, moments de complicité sans objectif. La sensualité prépare souvent le terrain à l’envie.
- Faire un bilan médical si une cause hormonale ou physique est possible.
- Prendre soin de son sommeil et de sa charge mentale : un corps reposé est un corps plus disponible au plaisir.
- En parler à un·e professionnel·le : seul·e ou en couple, un accompagnement permet d’identifier ce qui se joue et d’avancer.
En consultation, j’utilise souvent des approches issues des thérapies cognitivo-comportementales (TCC) pour aider à dénouer les pensées qui bloquent l’envie, et des exercices doux pour renouer avec son corps et, lorsqu’il y a un partenaire, avec la relation.
Questions fréquentes
Est-ce grave de ne plus avoir envie de faire l’amour ?
La baisse de libido est-elle forcément hormonale ?
Faut-il consulter seul·e ou en couple ?
Combien de temps faut-il pour retrouver le désir ?
Retrouvons ensemble le chemin du désir
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